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La Taupinière : Un gîte écologique ou une autre philosophie de vie
l’histoire d’une ferme en ruine qui attendait nichée dans son écrin de verdure une nouvelle chance pour se reconstruire. Un soir de printemps nous découvrîmes le site. Accueillis par de paisibles ruminants qui semblaient être les gardiens des lieux, nous descendions le chemin qui menait dans la cour.
Ce fût le coup de foudre, ce lieu dégageait une telle sérénité que nous ne faisions pas cas des innombrables travaux qu’il faudrait faire pour sauver les bâtiments. La ferme nous avait attendu pour retrouver ses heures d’antan, elle offrait un potentiel extraordinaire.
Nous avons donc commencé les travaux par la grange (le futur gîte) qui était dans l’état de délabrement le plus avancé. Mais avant tout il eut fallu apprendre car nous n’avions à l’époque aucune compétence dans la restauration du bâti ancien. Alors nous avons cherché les informations, conseils, stages, chantiers, lus beaucoup d’ouvrages traitant de ce patrimoine, collecté les savoirs…
La Taupinière nous a appris à vivre autrement, j’ai quitté mon emploi pour m’y consacrer à plein temps et mettre en route un projet collectif.
Le gîte écologique est le fruit de nombreuses recherches sur une conception alternative de l’habitat. Nous avons donc restauré cette grange en « autorestauration » en organisant des chantiers collectifs ou le fruit de travail était en symbiose avec le fruit de nos réflexions. Nous avons utilisé au mieux les ressources locales (terre, sable, tuiles de récupération, terre cuite de récupération…).
Au fur et à mesure que le chantier avançait et après la venue de nombreux visiteurs environ 230, nous avons décidé de créer une association dont la vocation serait de partager tout le savoir que nous avons acquis.
Dans cette optique, nous avons voulu que le gîte soit une vitrine pédagogique. Nous avons mis en œuvre de nombreuses techniques décoratives à la chaux (une dizaine). Chaque pièce a sa touche personnelle pour donner envie aux autres de laisser libre cours à leur inspiration.
Le 18 et 19 juin 2005, l’association a organisé une porte ouverte du gîte et nous avons reçu à l’occasion 250 personnes. Cet événement à été riche d’humanité et nous a donner encore plus de conviction dans notre cheminement.
Nous avons loué le gîte cet été et à la rentrée nous avons repris l’activité de l’association avec l’organisation de stages et visites.
Dans la construction, nous avons pensé aux personnes à mobilité réduite pour qu’ils puissent également profiter du lieu. Pour nous aider dans cette tâche, une amie qui se déplace en fauteuil roulant a « essayé » les lieux et nous a fait part de ses observations.
Le gîte est équipé de nombreux procédés ayant un but commun : préserver notre environnement. Des panneaux solaires chauffent l’eau sanitaire ainsi que celle de la machine à laver. Les sanitaires sont équipés de toilettes à litière bio-maîtrisée. Les eaux usées sont épurées par une phyto-épuration qui comporte un bac terminal dans lequel s’ébattent les poissons rouges (idée pédagogique qui a suscité beaucoup de curiosité auprès de nos jeunes vacanciers).
Une démarche d’économie d’énergie et d’eau a été mise en œuvre et les premiers relevés de consommation des périodes louées ont été très satisfaisants,en effet pour 35 jours d’occupation ont été utilisés 71 kw/h et 7m3 d’eau pour une moyenne de 5 personnes. Soit un peu plus de 2kw par jour et 40 l d’eau par personne par jour.
Voici après ce résumé quelques photos et commentaires qui retracent cette belle aventure :

Origine du projet Voici la grange dans son « jus ». Ce bâtiment a subi les assauts de la tempête de 1999. Il est construit en terre que l’on appelle dans la région « mâsse ». Les murs sont montés sur un soubassement de pierre, à l’aide d’un mélange d’argile et de paille. Ce mélange était coulé dans des banches. Des levées de 60 cms étaient dressées les unes après les autres (les lignes que l’on distingue sur la façade délimitent les levées). Nous avons du tailler le bâtiment dans son intégralité, en effet le pignon ouest sortait trop de son aplomb. Ainsi le faîtage initial de 7m80 est descendu à 6m et la sablière de 5m70 à 4m50 nous avons ainsi récupéré environ 55 m3 de terre ( terre qui sera utilisée plus tard dans le chantier).
Vue de la grange et du pignon ouest. On peut constater l’étendue du désordre. Le pignon se désolidarise du reste du bâtiment. La pointe du pignon actuel se situe aujourd’hui à la même hauteur que la sablière sur la photo.

Dépose de la charpente Malheureusement la charpente qui était en peuplier avait trop souffert et nous avons simplement conservé les entraits de fermes.


Vue en hauteur et de l’intérieur du bâtiment Les 4 poutres supérieures seront conservées. Les murs n’ont pas encore été retaillés.

Chantier de couverture Toutes les tuiles sont de récupération. Elles ont été grattées, nettoyées avant d’être posées. Il y en a eu 2024. Montage des capteurs solaires

Vue de la charpente On avait l’impression de travailler dans la coque d’un bateau !
Chantier dalle de chanvre et chaux Nous avons mis en pièce la dalle en béton pour la transformer en hérisson. Ce dernier à un rôle de structure et de vide sanitaire de la dalle. Il permet d’assurer un drainage et une aération de la dalle.

Pose de la dalle Il s’agit d’un mélange de chanvre, de sable et de chaux que l’on dispose en 2 couches successives pour une hauteur totale de 15 cm. On piétine la première couche pour assurer une symbiose entre le hérisson et la dalle puis on tire la seconde couche à l’aide d’une règle que l’on met de niveau sur des plots.

Vue en coupe Cette photo permet de voir la dalle terminée dans un plan vertical. On comprend ainsi le rôle du hérisson.
Implantation des cloisons
Nous avons choisi de construire les cloisons en briques plâtrière montées à la chaux. Ces briques assurent aussi un bon échange hygrométrique dans l’habitat et joue aussi un rôle de tampon thermique puisqu’elles emmagasinent la chaleur intérieure et d’autre part extérieure avec la transmission des murs de terre. En effet, ces murs de terre de 70 cm d’épaisseur stocke tout l’été de la chaleur et vont tout naturellement la restituer à partir de l’automne.

Suite du chantier cloisons

Enduits d’isolation en chanvre Nous avons de choisi d’isoler tous les murs extérieurs avec un enduit chanvre. Cela a pour effet d’éviter le problème de parois froides. En plus l’enduit à un rôle d’effet rebond de l’air chaud l’empêchant de traverser le mur. Une autre recherche était d’assurer une liaison entre la dalle de chanvre et les murs évitant ainsi d’éventuels ponts thermiques.
Ouverture des murs La grange ne comportait aucune ouverture au sud. Il a fallu percer les murs de 70 cms d’épaisseur. La lumière qui est ainsi rentrée a été un moment magique faisant oublier le dur labeur.

Pose des bâtis en chêne Le bâti a été scellé avec de la terre et des pattes de scellement sans aucune adjonction de chaux !
Restauration de la façade à l’aide de terre récupérée sur le bâtiment.

Travail d’équipe pour les enduits à la chaux, ambiance assurée…

Incrustation de galets dans les enduits …

Fresques à l’aide de stucs …

Construction des toilettes à litière biomaîtrisée (TLB)

Suite…vue de l’intérieur et avant décoration

Décoration des TLB, faïence, mosaïque et enduits chaux et plâtre…

Effet d’eau dans les TLB

Chantier terre cuite. Nous en avons posé environ 4000. Les sanitaires ont des sols en grès et une chambre un sol en jonc de mer. Les tomettes ont été posées à l’aide de chaux. Nous avons choisi de les poser dans toutes les configurations.

Une tomette à poser, ça use, ça use !!!

La salle d’eau : faïence, tadelack, miroir fabrication maison. Nous avons choisi de disposer les vasques à des hauteurs différentes. La plus basse peut servir aux personnes en fauteuil roulant ainsi qu’aux enfants. On distingue à côté de la vasque de gauche un programmateur qui fait partie de l’équipement de la machine à laver solaire … (voir schéma plus bas).

La machine à laver solaire

La douche est intégrée au sol pour la facilité d’accès, on retrouve la faïence et le tadelack…

La chambre jonc de mer …

La chambre hortensia …

La pièce de vie avec son coin cuisine et le coin repas …

Le coin détente …

La phyto épuration Implantation des buses. Elles sont posées sur un lit de cailloux, un drain périphérique circulera autour afin de protéger le système des fortes précipitations…

installation des bassins

Cueillette dans les marais alentours pour planter la phytoépuration (iris, jonc, macette, menthe aquatique…)

La phyto épuration en fonctionnement. Dans le bassin terminal, des poissons rouges sont les acteurs pédagogiques de cet écosystème. En effet , les enfants du gîte surveillent de très près leur évolution ainsi que les produits qu’utilisent leurs parents…

L’association ecotaupi

Le gîte sert également à l’association. De nombreux visiteurs viennent découvrir le lieu. Nous organisons des stages de formation sur les différentes techniques qui ont été mises en œuvre afin de partager et de faire avancer les projets naissants.
Nous avons comme projet d’auto construire un bâtiment écologique pédagogique autour duquel de nombreuses techniques seront étudiées (ossature bois, mur en paille, bois cordé, torchis, dalle de terre compactée et posée sur un hérisson, procédés bioclimatiques, phyto épuration, TLB, CE solaire…).
Nous vous remercions pour toute l’attention que vous voudrez bien porter à notre projet. Grâce à votre aide, nous pourrons continuer à semer afin que de nombreuses fleurs tapissent notre société et nous fasse changer notre façon de vivre la nature…
Merci encore et bonne vie à toute l’équipe. |